08 mars 2006

JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME

(Paradoxe) Aujourd'hui journée Internationale de la femme au Burkina Faso. Ca fait une semaine qu'on entend parler que de cela : TV, radios, journaux, même des pagnes et des T-shirts. Bref la femme est à l'honneur avec pompes et flon-flon. Tout ça est bien sympa, mais selon le rapport du Mouvement Burkinabé des Droits de l'Homme et de la Personne au Comité sur l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes lors de sa 33e session tenue du 5 au 22 juillet 2005 à New-York : "Les femmes demeurent toujours, avec les enfants, les groupes les plus exposés à la pauvreté, aux violences de toutes sortes, à la discrimination et à l'exclusion sociale. [...][Elle] sont toujours victimes de violations de leur droits aussi bien au sein de la famille qu'au niveau de la socuiété. Le mariage précoce et forcé de la fille, le lévirat, la tutelle la succession [...] sont autant de séquelles de ces violences et de cette discrimination". Et on ne parle pas des mutilations génitales qui subsistent encore dans certaines provinces quoique le taux en ait très spectaculairement baissé depuis le lancement en 1992 d'une vigoureuse campagne contre l'excision et sa criminalisation en 1996 (de six mois à trois ans d'emprisonnement et des amendes de 150000 à 900000 CFA -c'est très élevé lorque l'on sait que le smic burkinabè est de 28000 CFA et qu'une immense partie de la population ne gagne même pas ce montant-). Bref, il y a encore un océan entre les célébrations officielles pleines d'emphase et d'autosatisfaction et la condition féminine au Burkina, même s'il faut reconnaître que c'est plus un problème culturel de résistance au changement que de législation ou de volonté politique. Celle-ci existe et il faut reconnaître des avancées importantes et parfois même spectaculaires, comme dans la lutte contre l'excision. Bref il y a encore du pain sur la planche.

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