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10 juillet 2009

SAISON DES PLUIES...

Le début d'un orage au Burkina, en ce commencement de saison de pluies, ressemble un peu à ceci...


Vraiment "un peu, un peu" et seulement le début...

La musique après, en revanche : rien à voir!

08 juillet 2009

SAGESSE AFRICAINE (LXI)

Si le sourd n'a pas entendu le tonnerre, il sentira la pluie.

13 mai 2009

LEVEZ-VOUS VITE ORAGE DESIRES...

Il pleut!

"Il dormira là-dessous, la tête tournée vers la mer; dans ce sépulcre bâti sur un écueil, son immortalité sera comme fut sa vie, déserte des autres et tout entourée d'orages. Les vagues avec les siècles murmureront longtemps autour de ce grand souvenir; dans les tempêtes elles bondiront jusqu'à ses pieds, ou les matins d'été, quand les voiles blanches se déploient et que l'hirondellearrive au-delà des mers, longues et douces, elles lui apporteront la volupté mélancolique des horizons et la caresse des larges brises..."

Le titre est de René de Chateaubriand (Kasteelblink' pour les flamîns), le texte de Gustave Flaubert, les décors de Roger Hart et les costumes de Donald Carldwell (les moins de 40 ans peuvent pas comprendre).

Les orages sont de mousson et B.... de M.... ça fait du bien à Ouaga!

08 mai 2009

BREAKING NEWS

Orage violent à Ouaga, pluies diluviennes, chute brutale de température : ah le beau temps, enfin!

(Vous pouvez pas comprendre en Europe...)

05 mai 2009

METEO

Aujourd'hui, il ne fait "que" 25°, le ciel est couvert et les nuages menaçants, il va sans doute pleuvoir cet après-midi et on risque l'orage ce soir. Consensus général pour se féliciter dubeau temps. Vous pouvez pas comprendre, vous, là-haut, en Europe. D'ailleurs, moi-même, si on m'avait dit en Belgique ce que je finirais par considérer respectivement comme "beau temps" et "sale temps", j'aurais eu des doutes...

01 avril 2009

RETARDS DE PUBLICATION

Toutes nos excuses aux fidèles lecteurs de ce blog pour ne l'avoir pas alimenté depuis plusieurs jours : nous étions bloqués par la neige et le verglas.

Pour ceux que cela étonnerait, rappelons que nous sommes aujourd'hui le premier avril.

Sans rire, à partir de maintenant, retourà un rhytme de parution quotidien!

21 février 2009

LES BURINABE CA OSE TOUT, C'EST MEME A CA QU'ON LES RECONNAIT

Mi-janvier un des principaux quotidien du pays a osé titrer en "une" : "Froid de loup en attendant la poussière".

La température nocturne était descendue à 16° Celsius (+16° évidemment).

Bon, la poussière est arrivée avec l'Harmattan, pour le froid de loup, les potes restés en Belgique et en France apprécieront.

17 février 2009

BREAKING NEWS!

Il a plu aujourd'hui à Ouaga!

Bon, ok 2 x 1 minute et pas assez de goutes pour nous faire quitter la terrasse. Mais enfin...

17 avril 2006

N'DJAMENA : PETITS JOUEURS...

(Bande de jaloux, va!) Ca y est : ça fait aujourd'hui deux semaines que Ouaga bat quotidiennement N'Djamena dans la course au titre de capitale la plus chaude d'Afrique (et du monde, d'ailleurs). Enfoncés de un à deux degrés centigrades qu'ils sont les Tchadiens! Faut-il y voir la raison des violents combats qui on secoué cette ville ce week-end? Colère d'avoir perdu le titre? Tentative de réchauffer l'atmosphère? En tout cas c'est une piste malheureusement négligée par les commentateurs...

01 avril 2006

IL NEIGE A OUAGA (COMME SUR LE LAC MAJEUR)

(Etonnant, non? -comme eût dit Desproges-) Vous avez cru ça? Hi, hi, hi : poisson d'avril!

29 mars 2006

ECLIPSE DE SOLEIL

(Enfin un peu de fraîcheur) Ce matin, à 9h21' (en temps universel, qui est également l'heure légale de Ouaga), 11h21' heure de Bruxelles et Paris, la quatrième éclipse totale de soleil du XXe siècle touche Ouagadougou. Bon le Burkina n'est pas sur la bande de centralité, mais pas trop loin, non plus. C'est la seule manière de rafraîchir un peu l'atmosphère : ça fait maintenant deux semaines que Ouaga est la ville la plus chaude d'Afrique un jour sur deux. Et les jours ou elle ne l'est pas, c'est pas parce qu'il fait plus frais à Ouaga, c'est parce N'Djamena est encore un poil plus chaude. Pour les passionnés d'astronomie, voir ICI.

16 mars 2006

METEO (2)

(Petit gag avec la môman de Dominique) Il y a quelques jours, la mère de Dominique téléphone pour prendre des nouvelles de son fils chéri. Au cours de la conservation elle s'enquiert du container et apprend que le matériel est enfin arrivé à la villa. Inquiète elle demande à son fiston si Francis et lui ne craignent pas les vols. Domi la rassure en lui disant que son associé et lui-même dorment dehors, littéralement "sur" le matériel. Exclamation horrifiée de madame Trembloy : "Dehors? Par ce temps! Vous êtes fous!". Petit silence. Son fils lui explique alors doucement que, bon d'accord, il sait, à Bruxelles il neige et fait moins dix la nuit, mais qu'à Ouaga, merci, ça va, il fait quarante la journée et trente la nuit et que, non, ça va aller, il ne risque pas la pneumonie.

15 mars 2006

METEO

(Fait chaud!) La météo sur TV5 annonçait hier une température de 40° à Ouaga, ville la plus chaude de toute l'Afrique. Il ne se sont qu'à moitié plantés : Ouaga a bien été aujourd'hui la capitale la plus chaude du continent, mais il n'a pas fait 40° mais 42°...

18 février 2006

HARMATTAN (2)

(dommages collatéraux) Après, le violent Harmattan de la nuit de jeudi à vendredi, journée grise et fraîche, avec une petite brise (genre Harmattan, modèle fillette). Les autochtones se plaignent du froid, Francis et Dominique respirent après deux jours et deux nuits caniculaires. Pouvoir se taper leurs 10 à 15 km à pieds quotidiens sans avoir le t-shirt trempé après 10 minutes de marche n'est pas fait pour leur déplaire. Cette nuit (celle du vendredi 17 au samedi 18) : re-Harmattan. Conséquences prévisibles :
  • désespoir probable de Mariam (la femme de ménage), à qui on se promet de parler du tonneau des Danaïdes, lundi, quand elle viendra balayer;
  • soupir résigné d'Adama (le piscinier), qui commence à comprendre le mythe de Sisyphe, dès demain matin;
  • insomnie (pour cause de boucan) à l'heure ou ces lignes sont écrites (04h12' UMT) de Cissou et Domi;
  • nouvelle livraison d'anecdotes sur le blog (quand Dominique n'arrive pas à dormir il tape sur son clavier, maintenant qu'il y a de la lumière dans la pièce où se trouve le PC).
Pour ceux qui douteraient de la puissance de l'Harmattan, on joint une photo éloquente...

17 février 2006

L'HARMATTAN

L'Harmattan, pour ceux qui l'ignoreraient, c'est le vent froid (froid....tout est relatif, en Belgique on trouverait que c'est une agréable brise d'été!) et sec qui souffle du Nord pendant la saison froide et sèche en Afrique de l'ouest (même remarque en ce qui concerne "froide" , "sèche" par contre ce n'est pas usurpé). L'Harmattan, soulève la poussière (ce qui nous vaut d'expectorer des glaires tellement chargés de latérite rouge qu'on pourrait jouer la dame aux camélias) et coïncide avec la saison de la méningite, maladie endémique dans la région de janvier à juin (pas de panique : on est vaccinés). L'Harmattan, s'il fait sortir les "petites laines" aux locaux (bande de grands frileux va...) nous soulage un peu,nous, occidentaux, en nous permettant de respirer après les premières journées caniculaires qui annoncent la saison chaude (mars/avril). L'Harmattan est l'ennemi de notre piscinier : lorsqu'il souffle, une heure après son départ, le fond de la piscine est recouvert d'une, esthétique mais involontaire couche de poussière de latérite rouge/brun et la surface de la même piscine d'une collection de feuilles d'arbres auxquelles viennent de temps à autre se joindre quelques vieux sacs plastiques. L'Harmattan n'est pas non plus le copain de la femme de ménage qui apprécie assez peu de recommencer le balayage de la terrasse à un bout alors qu'elle vient d'arriver à l'autre. L'Harmattan, c'est aussi une maison d'édition spécialisée dans les bouquins sur l'Afrique, mais ça, vous vous en fichez probablement comme de votre première chemise... L'Harmattan est un mot que notre ex-associé Fred, légèrement dyslexique, n'a jamais été fichu de prononcer correctement (persistant à dire : "le larmatan", comme il a toujours dit : "laréoport" pour "l'aéroport" et "soucis" à la place de "Cissou" en guise de diminutif de "Francis"...). L'Harmattan vous vaut aujourd'hui une nouvelle collection d'anecdotes : vers 21 heures le soir du 16 février(hier), il s'est levé en force : craquements des branches, grincement des volets, chutes de mangues, claquements de portes : on en arriverait (presque) à regretter les ronflements de Frédéric... Résultat : incapable de trouver le sommeil, Dominique s'est attelé, vers minuit, à taper ses notes pour l'édification des parents et amis du (désormais) duo du futur "Lavandou Bar Burkina".

08 février 2006

ANECDOTES OUGALAISES....

(4 janvier -8 février 2006)

CLIMAT

Le temps polaire (35° la journée, tombant parfois à 25° voire 20° la nuit) reculant en faveur d'un temps un peu plus printanier (38° la journée, 30° à 35° la nuit), nous avons donc pu ranger les édredons en plumes et les doudounes.

SOMMEIL, RELIGIONS, TRANSPORTS AERIENS et FAUNE AU BURKINA FASO

Francis et moi avons assez mal dormi au début.

Il faut dire que les nuits ne sont pas particulièrement tranquilles.

Les deux dancings du coin diffusent à profusion de la variété locale (beurk) jusquà des heures pas possibles.

Vers 3h30, les muezzins entament, en canon, l'appel à la prière à l'intention des musulmans du coin (Allahouakbar!).

Sur le coup de 4 heures et demie, les catholiques de la chapelle en plein air située juste en face de la concession, appellent à mâtines, en frappant à coups de masse sur une jante de camion suspendue par une corde à un arbre, faute de cloches (bang, bing, bang!).

Après quoi les protestants d'à côté se mettent à chanter la gloire de Dieu (Amen, Alléluia!) sur des airs de gospels baptistes américains.

Il arrive aussi que les animistes organisent une procession nocturne de masques et de fétiches au rythme des tam-tam (badaboum, badaboum!).

La tolérance religieuse au Burkina Faso est admirable, mais nous apprécierions la tenue d'un forum oecuménique pour qu'imams, curés, pasteurs et sorciers se mettent une fois pour toutes d'accord sur une même heure de prière pour tous, Nom de Dieu(x)!

Pour ne rien gâcher, la villa est située pile poil dans l'axe de la piste d'atterrissage de l'aéroport international de Ouagadougou à moins d'un kilomètre du début de piste...

Résultats : les avions passent à très très basse altitude au-dessus de la maison.

Les vols Air France, ça va, mais les vieux coucous d'Air Burkina ou Air Mali (également connue sous le nom évocateur d'Air Peut-être), là on a carrément l'impression que les tôles du toit vont s'envoler et on surveille chaque matin les fissures de la maison pour voir de combien elles se sont agrandies...

On passe sur les Tupolev et Iliouchine perdant des boulons des compagnies charter libyennes emmenant les pèlerins à La Mecque...

Un de ces jours, l'un d'entre eux s'écrasera dans la piscine et nous réveillera de manière définitive.

Quand on pense aux petits bourgeois douillets qui protestent contre les vols de nuit à Zaventem et qui ont fait fuir DHL et ses emplois, ici, on se marre doucement.

N'oublions pas les geckos, ces sympatiques reptiles, qui ressemblent à de gros lézards multicolores.

On en a toute une colonie à la maison, tant dans le jardin qu'a l'intérieur où ils se baladent sur les murs et logent dans les faux plafonds.

On les aime bien et on n'a garde de les chasser, parce que ces redoutables insectivores nous permettent de ne voir jamais aucune mouche, même lorsque nous mangeons en plein air dans jardin, et quasiment pas un moustique (un luxe sous ces latitudes).

Le hic, c'est que ces charmants animaux domestiques poussent leurs cris d'amour la nuit et le cri d'amour d'un gecko, ça ressemble à celui d'un crapaud enroué qui se serait piqué aux stéroïdes anabolisants avant d'avaler un mégaphone.

De temps en temps, on a droit aussi aux multiples chats du voisin venus chasser la souris, la nuit, sur le toit tôlé.

Sans oublier, tous les matins, les petits oiseaux insectivores venus becqueter les scarabées ayant eu l'imprudence de venir se chauffer aux premiers rayons du soleil sur les volets métalliques des chambres (ça, ça fait le bruit d'un pic-vert sous amphétamines s'attaquant à une cymbale).

Il n'y en a qu'un que le tintamarre ne me dérange pas.

Fred a du mal a s'endormir, mais une fois dans les bras de Morphée, plus rien ne parvient l'en sortir.

Francis et moi pouvons pester, râler, jurer : l'autre dort.

Il rêve aussi.

A en juger par le bruit émanant de sa chambre il doit rêver qu'il est un gros hélicoptère vrombissant dans le ciel étoilé.

"Frédéric ! Arrête de ronfler ! Nondidju !" devons-nous hurler en choeur pour ça cesse.

Cela étant dit, après deux mois on est habitués, ce qui nous réveille maintenant, c'est quand le vol de 5h d'Air Burkina a du retard...

SYSTEME BANCAIRE DU BURKINA FASO

Petit gag bancaire.

Pendant que Francis se démenait au Ghana pour dédouaner notre foutu container, Fred et moi nous rendons à la banque pour ouvrir un compte.

Ici, les banques sont gardées à la fois par des vigiles, des policiers et parfois des militaires.

En attendant l'ouverture des guichets, Fred, passionné d'armes, discute avec un type en uniforme armé d'un fusil d'assaut FNC.

Histoire de montrer sa connaissance du domaine et d'engager la conversation, il lui fait remarquer qu'il s'agit de matériel fabriqué en Belgique, son pays natal.

Avec un grand sourire le type en uniforme, lui tend l'engin, en disant "Vous voulez essayer ?"

Tête ahurie de Fred qui, après une seconde de réflexion, décline poliment l'offre, en rétorquant "Non merci, je viens faire un petit dépôt et non un gros retrait".

Autre petit gag bancaire.

Sortant de ladite banque, écoeurés par le parcours du combattant administratif pour pouvoir ouvrir un malheureux compte courant, je suggère à Fred d'essayer dans une autre, espérant trouver des banquiers plus amènes et moins bouchés et ne pas m'être tapé, sous le cagnard, les 5km qui nous séparent du centre ville pour rien.

Nous trouvant sur l'avenue Dr Kwamé N'Krumah (l'avenue principale de Ouaga), les banques, ce n'est pas ça qui manque.

On décide donc de les faire

toutes, dans l'ordre où on les trouvera sur le chemin du retour.

On commence par la première, une filiale de BNP-Paribas.

Je me renseigne au guichet pour savoir comment ouvrir compte commercial et comptes privés et on me donne le nom des deux chargés de relations avec la clientèle professionnelle.

En cherchant dans le labyrinthe de l'étage des bureaux, un aimable employé s'offre à nous guider : coup de chance, c'était l'un des deux chargés de relations que nous recherchions.

Devant répondre à un appel sur son portable, il nous prie de l'excuser de l'interruption, discute quelques minutes avec son interlocuteur, puis s'enquiert de nos desiderata bancaires.

Nettement plus aimable qu'à la banque précédente, après avoir causé formalités et paperasses, il nous interroge plaisamment sur nos raisons d'avoir choisi le Burkina Faso pour monter une affaire commerciale.

Je lui explique en deux mots les circonstances qui m'ont amené à faire connaissance du pays et mes séjours consécutifs dans un pays que j'ai appris à aimer.

Là ou ça devient franchement comique, c'est qu'en bavardant il nous dit qu'il connait fort bien le film "Côte d'Ivoire, poudrière identitaire", qu'il est lui-même membre et trésorier du "Tocsin", l'association de mon vieil ami le Pr Albert Ouedraogo et que c'était précisément ce dernier qui avait interrompu le début de notre entretien par un appel sur son portable!

Ayant, de plus, l'impression de nous être déjà rencontrés, lui et moi, tout d'un coup nous nous rendons compte que c'est lui qui était avec moi dans la Mercedes d'Albert Ouedraogo lorsqu'il m'a conduit à Po, filmer les réfugiés bukinabè fuyant la Côte d'Ivoire, en novembre 2002.

Amitié immédiate, présentation à tout ce qui compte dans la banque et ouverture dès le lendemain des comptes privés avec chéquier et cartes de crédit (sans fiches de salaires, ni emploi et avec un dépôt initial ridicule, faut le faire).

Depuis on passe devant tout le monde dans les files et il est convenu d'aller manger chez lui prochainement.

Deux réflexions : le monde est décidément petit et, pour une fois qu'on a de la chance, on ne va pas la bouder.

PAYS VOISINS

Le Burkina est décidément le pays des hommes intègres : Francis est revenu il y a plus d'une semaine de son séjour au Ghana et au Togo et il n'a pas encore fini de râler sur le niveau de corruption des deux pays (et quand Francis, râle...).

REGIME ET SVELTESSE

Pour le reste, a force de ne boire que de l'eau, de manger peu et sain et de ma taper 15km à pieds tous les jours dans une température de sauna, j'ai perdu mon abcès de comptoir et retrouvé le tour de taille de mes vingt ans.

Plus de news bientôt.

Dominique..

SOMMEIL, RELIGIONS, TRANSPORTS AERIENS et FAUNE AU BURKINA FASO Francis et moi avons assez mal dormi au début. Il faut dire que les nuits ne sont pas particulièrement tranquilles. Les deux dancings du coin diffusent à profusion de la variété locale (beurk) jusquà des heures pas possibles. Vers 3h30, les muezzins entament, en canon, l'appel à la prière à l'intention des musulmans du coin (Allahouakbar!). Sur le coup de 4 heures et demie, les catholiques de la chapelle en plein air située juste en face de la concession, appellent à mâtines, en frappant à coups de masse sur une jante de camion suspendue par une corde à un arbre, faute de cloches (bang, bing, bang!). Après quoi les protestants d'à côté se mettent à chanter la gloire de Dieu (Amen, Alléluia!) sur des airs de gospels baptistes américains. Il arrive aussi que les animistes organisent une procession nocturne de masques et de fétiches au rythme des tam-tam (badaboum, badaboum!). La tolérance religieuse au Burkina Faso est admirable, mais nous apprécierions la tenue d'un forum oecuménique pour qu'imams, curés, pasteurs et sorciers se mettent une fois pour toutes d'accord sur une même heure de prière pour tous, Nom de Dieu(x)! Pour ne rien gâcher, la villa est située pile poil dans l'axe de la piste d'atterrissage de l'aéroport international de Ouagadougou à moins d'un kilomètre du début de piste... Résultats : les avions passent à très très basse altitude au-dessus de la maison. Les vols Air France, ça va, mais les vieux coucous d'Air Burkina ou Air Mali (également connue sous le nom évocateur d'Air Peut-être), là on a carrément l'impression que les tôles du toit vont s'envoler et on surveille chaque matin les fissures de la maison pour voir de combien elles se sont agrandies... On passe sur les Tupolev et Iliouchine perdant des boulons des compagnies charter libyennes emmenant les pèlerins à La Mecque... Un de ces jours, l'un d'entre eux s'écrasera dans la piscine et nous réveillera de manière définitive. Quand on pense aux petits bourgeois douillets qui protestent contre les vols de nuit à Zaventem et qui ont fait fuir DHL et ses emplois, ici, on se marre doucement. N'oublions pas les geckos, ces sympatiques reptiles, qui ressemblent à de gros lézards multicolores. On en a toute une colonie à la maison, tant dans le jardin qu'a l'intérieur où ils se baladent sur les murs et logent dans les faux plafonds. On les aime bien et on n'a garde de les chasser, parce que ces redoutables insectivores nous permettent de ne voir jamais aucune mouche, même lorsque nous mangeons en plein air dans jardin, et quasiment pas un moustique (un luxe sous ces latitudes). Le hic, c'est que ces charmants animaux domestiques poussent leurs cris d'amour la nuit et le cri d'amour d'un gecko, ça ressemble à celui d'un crapaud enroué qui se serait piqué aux stéroïdes anabolisants avant d'avaler un mégaphone. De temps en temps, on a droit aussi aux multiples chats du voisin venus chasser la souris, la nuit, sur le toit tôlé. Sans oublier, tous les matins, les petits oiseaux insectivores venus becqueter les scarabées ayant eu l'imprudence de venir se chauffer aux premiers rayons du soleil sur les volets métalliques des chambres (ça, ça fait le bruit d'un pic-vert sous amphétamines s'attaquant à une cymbale). Il n'y en a qu'un que le tintamarre ne me dérange pas. Fred a du mal a s'endormir, mais une fois dans les bras de Morphée, plus rien ne parvient l'en sortir. Francis et moi pouvons pester, râler, jurer : l'autre dort. Il rêve aussi. A en juger par le bruit émanant de sa chambre il doit rêver qu'il est un gros hélicoptère vrombissant dans le ciel étoilé. "Frédéric ! Arrête de ronfler ! Nondidju !" devons-nous hurler en choeur pour ça cesse. Cela étant dit, après deux mois on est habitués, ce qui nous réveille maintenant, c'est quand le vol de 5h d'Air Burkina a du retard... SYSTEME BANCAIRE DU BURKINA FASO Petit gag bancaire. Pendant que Francis se démenait au Ghana pour dédouaner notre foutu container, Fred et moi nous rendons à la banque pour ouvrir un compte. Ici, les banques sont gardées à la fois par des vigiles, des policiers et parfois des militaires. En attendant l'ouverture des guichets, Fred, passionné d'armes, discute avec un type en uniforme armé d'un fusil d'assaut FNC. Histoire de montrer sa connaissance du domaine et d'engager la conversation, il lui fait remarquer qu'il s'agit de matériel fabriqué en Belgique, son pays natal. Avec un grand sourire le type en uniforme, lui tend l'engin, en disant "Vous voulez essayer ?" Tête ahurie de Fred qui, après une seconde de réflexion, décline poliment l'offre, en rétorquant "Non merci, je viens faire un petit dépôt et non un gros retrait". Autre petit gag bancaire. Sortant de ladite banque, écoeurés par le parcours du combattant administratif pour pouvoir ouvrir un malheureux compte courant, je suggère à Fred d'essayer dans une autre, espérant trouver des banquiers plus amènes et moins bouchés et ne pas m'être tapé, sous le cagnard, les 5km qui nous séparent du centre ville pour rien. Nous trouvant sur l'avenue Dr Kwamé N'Krumah (l'avenue principale de Ouaga), les banques, ce n'est pas ça qui manque. On décide donc de les faire toutes, dans l'ordre où on les trouvera sur le chemin du retour. On commence par la première, une filiale de BNP-Paribas. Je me renseigne au guichet pour savoir comment ouvrir compte commercial et comptes privés et on me donne le nom des deux chargés de relations avec la clientèle professionnelle. En cherchant dans le labyrinthe de l'étage des bureaux, un aimable employé s'offre à nous guider : coup de chance, c'était l'un des deux chargés de relations que nous recherchions. Devant répondre à un appel sur son portable, il nous prie de l'excuser de l'interruption, discute quelques minutes avec son interlocuteur, puis s'enquiert de nos desiderata bancaires. Nettement plus aimable qu'à la banque précédente, après avoir causé formalités et paperasses, il nous interroge plaisamment sur nos raisons d'avoir choisi le Burkina Faso pour monter une affaire commerciale. Je lui explique en deux mots les circonstances qui m'ont amené à faire connaissance du pays et mes séjours consécutifs dans un pays que j'ai appris à aimer. Là ou ça devient franchement comique, c'est qu'en bavardant il nous dit qu'il connait fort bien le film "Côte d'Ivoire, poudrière identitaire", qu'il est lui-même membre et trésorier du "Tocsin", l'association de mon vieil ami le Pr Albert Ouedraogo et que c'était précisément ce dernier qui avait interrompu le début de notre entretien par un appel sur son portable! Ayant, de plus, l'impression de nous être déjà rencontrés, lui et moi, tout d'un coup nous nous rendons compte que c'est lui qui était avec moi dans la Mercedes d'Albert Ouedraogo lorsqu'il m'a conduit à Po, filmer les réfugiés bukinabè fuyant la Côte d'Ivoire, en novembre 2002. Amitié immédiate, présentation à tout ce qui compte dans la banque et ouverture dès le lendemain des comptes privés avec chéquier et cartes de crédit (sans fiches de salaires, ni emploi et avec un dépôt initial ridicule, faut le faire). Depuis on passe devant tout le monde dans les files et il est convenu d'aller manger chez lui prochainement. Deux réflexions : le monde est décidément petit et, pour une fois qu'on a de la chance, on ne va pas la bouder. PAYS VOISINS Le Burkina est décidément le pays des hommes intègres : Francis est revenu il y a plus d'une semaine de son séjour au Ghana et au Togo et il n'a pas encore fini de râler sur le niveau de corruption des deux pays (et quand Francis, râle...). REGIME ET SVELTESSE Pour le reste, a force de ne boire que de l'eau, de manger peu et sain et de ma taper 15km à pieds tous les jours dans une température de sauna, j'ai perdu mon abcès de comptoir et retrouvé le tour de taille de mes vingt ans. Plus de news bientôt. Dominique..