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16 janvier 2010

HEIMWEE (*)

Je finis ma papaye du jardin en T-Shirt sur ma terrasse.
J'ai mis les grenades au frigo.
Le plus grand de mes quatre bananiers devrait donner ses premiers fruits d'ici 3 semaines.
Les fruits de la passion sortiront en avril.
Pour mes deux manguiers gouverneurs, il faudra attendre 9 mois.
Je me consolerai en attendant avec l'avocatier et le goyavier qui donneront aux pluies.

J'ai envie d'une pomme (**)..

(*) Mal du pays chez les boches
(**)Fruit exotique septentrional introuvable sous nos latitudes

13 mai 2009

LEVEZ-VOUS VITE ORAGE DESIRES...

Il pleut!

"Il dormira là-dessous, la tête tournée vers la mer; dans ce sépulcre bâti sur un écueil, son immortalité sera comme fut sa vie, déserte des autres et tout entourée d'orages. Les vagues avec les siècles murmureront longtemps autour de ce grand souvenir; dans les tempêtes elles bondiront jusqu'à ses pieds, ou les matins d'été, quand les voiles blanches se déploient et que l'hirondellearrive au-delà des mers, longues et douces, elles lui apporteront la volupté mélancolique des horizons et la caresse des larges brises..."

Le titre est de René de Chateaubriand (Kasteelblink' pour les flamîns), le texte de Gustave Flaubert, les décors de Roger Hart et les costumes de Donald Carldwell (les moins de 40 ans peuvent pas comprendre).

Les orages sont de mousson et B.... de M.... ça fait du bien à Ouaga!

12 février 2009

PAS VOLEUR, LE COIFFEUR!

Ceci n'est pas un accès de narcissisme, mais l'occasion de vous montrer ce qu'on obtient pour 500 CFA (30 centimes d'EURO) chez un coiffeur du Burkina : cheveux, barbe et moustache, avant et après ! Ca c'était avant... Ca c'est après... J'en ai eu pour mon argent! Du moins question volume. Parce que question stylisme...

08 février 2009

FRANCIS ET NOS PETITS VOISINS

Bon on s'était juré de ne pas céder au narcissisme, mais voilà quand même une photo de Francis, à la demande se sa famille et de ses amis.

17 avril 2006

CONTAINER : INVENTAIRE

(Merci Jacques Prévert) CONTAINER Un container deux port de mer trois transitaires Trois conseils de guerre six crises de nerfs Deux millions d'honoraires Le Ghana le Burkina le port d'Accra plein de CFA Un douanier voleur Trois pots-de-vins six petits malins Deux grues trois tracteurs un soudeur

Toujours un douanier voleur

Trois cent mocassins cent vingt tapis onze Macintosh Une chambre froide un hachoir une meule Cinq baby-foot douze nappes neuf écrans dix neuf pneux soixante-neuf casques de chantier Trente sept mètres cubes dix tonnes

Cinq ou six douaniers voleurs

Quinze cartons volés quelques millions partis en fumée Une addition salée des sous envolés Un Francis très fâché un Dominique désolé

Et...naturellement : un douanier voleur

Version originale de l'inventaire de Jacques Prévert : Une pierre deux maisons trois ruines un jardin des fleurs quatre fossoyeurs un raton laveur une lame de fond six musiciens une douzaine d'huîtres un citron un pain un rayon de soleil un monsieur décoré de la légion d'honneur une porte avec son paillasson un autre raton laveur la fleur qu'on appelle souci un sculpteur qui sculpte des Napoléon deux amoureux sur un grand lit un receveur des contributions une chaise trois dindons un ecclésiastique un furoncle un receveur des contributions une chaise trois dindons une guêpe une écurie de courses un rein flottant deux filles de joie un oncle Cyprien Un fils indigne deux frères dominicains trois sauterelles un strapontin une Mater dolorosa trois papas gâteau deux chèvres de Monsieur Seguin un fauteuil Louis XVI un talon Louis XV un tiroir dépareillé un buffet Henri II deux buffets Henri III trois buffets Henri IV un homme du monde deux chirurgiens trois végétariens un cannibale une pelote de ficelle deux épingles de sûreté un monsieur âgé une Victoire de Samothrace un comptable deux aides-comptables une expédition coloniale un cheval entier une demi-pinte de bon sang une mouche tsé-tsé un homard à l'américaine un jardin à la française deux pommes à l'anglaise un jour de gloire un face-à-main un valet de pied un orphelin un poumon d'acier une semaine de bonté une année terrible un mois de Marie une minute de silence une seconde d'inattention et...

cinq ou six ratons laveurs un petit garçon qui sort de l'école en riant un petit garçon qui entre à l'école en pleurant deux pierres à briquet une fourmi un paysage avec beaucoup d'herbe verte dedans dix-sept éléphants un juge d'instruction en vacances assis sur un pliant deux belles amours trois grandes orgues un veau marengo une vache un taureau un siphon d'eau de Seltz un soleil d'Austerlitz un vin blanc citron deux sœurs latines trois dimensions douze apôtres mille et une nuits trente-deux positions six parties du monde sept péchés capitaux deux doigts de la main dix gouttes avant chaque repas un Petit Poucet un grand pardon un calvaire de pierre trente jours de prison dont quinze de cellule cinq minutes d'entracte. cinq points cardinaux dix ans de bons et loyaux services et... plusieurs ratons laveurs. La reprise pour la chanson de Vladimir Kosma (1957) :

deux pierres trois fleurs un oiseau une triperie vingt-deux fossoyeurs un amour le raton laveur une madame untel un grand rayon de soleil un citron un pain une lame de fond un pantalon une porte avec son paillasson un Monsieur décoré de la légion d'honneur le raton laveur un sculpteur qui sculpte des Napoléon la fleur qu'on appelle souci deux amoureux sur un grand lit un carnaval de Nice une chaise trois dindons un ecclésiastique un furoncle une guêpe un rein flottant une douzaine d'huîtres une écurie de courses un fils indigne deux pères dominicains trois sauterelles un strapontin une fille de joie trois ou quatre oncles Cyprien le raton laveur une mater dolorosa deux papas gâteau trois rossignols deux paires de sabots cinq dentistes un homme du monde une femme du monde un couvert noir deux cabinets deux petit'suisses un grand pardon une vache un samovar une pinte de bon sang un monsieur bien mis un cerf volant un régime de bananes une fourmi une expédition coloniale un cordon sanitaire trois cordons ombilicaux un chien du commissaire un jour de gloire un bandage herniaire un vendredi soir une chaisière un œuf de poule un vieux de la vieille trois hommes de guerre un François premier deux Nicolas II trois Henri III le raton laveur un père Noël deux sœurs latines trois dimensions mille et une nuits sept merveilles du monde quatre points cardinaux 1 2 3 4 heures précises douze apôtres quarante-cinq ans de bons et loyaux services deux ans de prison six ou sept péchés capitaux trois mousquetaires vingt mille lieues sous les mers trente-deux positions deux mille ans avant Jésus-Christ cinq gouttes après chaque repas quarante minutes d'entracte une seconde d'inattention et naturellement... le raton laveur...

08 avril 2006

TOURTERELLES

(Love story) Le jardin de la villa pullule d'oiseaux de toutes tailles et couleurs. Aux alentours du 10 mars, quelques jours avant le départ de Francis à Bruxelles, un couple de tourterelles a entrepris la construction de son nid pile-poil au dessus de l'endroit où nous prenons le frais l'après-midi. Le 15, jour du départ de Francis, le nid était achevé, un oeuf pondu et la femelle couvait. Fin mars, un minuscule oisillon mettait à rude épreuve ses parents, harassés d'aller lui chercher à manger. Au retour de Francis, le 4 avril, l'oisillon était déjà devenu un gaillard tourtereau. Il y a deux jour le petit a pris son premier envol (bon, c'était encore un peu gauche et mal assuré et ça n'a pas été plus loin que la branche voisine, mais l'idée générale y était). Il y a gros à parier que d'ici la fin de la semaine, le départ définitif du nid parental aura eu lieu. Pas de bol : on a confirmé hier le premier cas de grippe aviaire H5N1 au Burkina, dans la région de Ouaga. Pauvre petit, né trop tard dans un monde cruel...

29 mars 2006

DOMINIQUE SE MARRE

(Blague idiote mais d'une grande fraîcheur) Aujourd'hui c'est au tour de Dominique de se gondoler tout seul à la lecture d'une blague idiote, lue dans "Bendré", hebdo d'opinion, par ailleurs sérieux. La voici. Un vieux monsieur, voûté par le poids des ans, s'appuie sur l'épaule de sa petite-fille pour sa promenade vespérale. Au coin d'une rue deux chiens forniquent avec ardeur. Le grand-père, horrifié qu'un tel spectacle soit exposé au yeux innocents de sa petite fille, se dépêche d'inventer une explication ingénieuse propre à préserver l'innocence de l'enfant. "Tu vois", dit-il à la petite fille, "c'est un vieux chien qui à du mal à marcher, alors il s'appuie sur les épaule d'un plus jeune chien, comme moi qui m'appuie sur ton épaule". La petite fille lui répond alors avec une délicatesse toute virginale :"Ok papy, mais toi, pas question que tu m'encules".

16 mars 2006

METEO (2)

(Petit gag avec la môman de Dominique) Il y a quelques jours, la mère de Dominique téléphone pour prendre des nouvelles de son fils chéri. Au cours de la conservation elle s'enquiert du container et apprend que le matériel est enfin arrivé à la villa. Inquiète elle demande à son fiston si Francis et lui ne craignent pas les vols. Domi la rassure en lui disant que son associé et lui-même dorment dehors, littéralement "sur" le matériel. Exclamation horrifiée de madame Trembloy : "Dehors? Par ce temps! Vous êtes fous!". Petit silence. Son fils lui explique alors doucement que, bon d'accord, il sait, à Bruxelles il neige et fait moins dix la nuit, mais qu'à Ouaga, merci, ça va, il fait quarante la journée et trente la nuit et que, non, ça va aller, il ne risque pas la pneumonie.

21 février 2006

RALENTISSEMENT DANS LE FLUX DE NEWS

L'ordinateur de la maison est en panne, le cybercafé particulièrement lent ces derniers jours, le container est arrivé dans l'entrepôt sous douane de Ouagadougou (=paperasses et courreries), on doit encore régler quelques problèmes de gros sous : bref, ces prochains jours on risque d'avoir un peu moins de temps pour vous raconter nos aventures par le menu. Pas de panique : on est en bonne santé et tout devrait bien se passer. On vous réalimentera en anecdotes fraîches d'ici quelques jours.

19 février 2006

GEOGRAPHIE (Partie 1 : Théorie) Pour venir nous visiter, suivez la flèche... En gros, on est à peu près là :

Vu de plus près, c'est par ici :

Plus précisément dans ce coin là :

Là ça commence à se préciser, on distinguer nettement le Burkina Faso :

Une fois là, viser Ouagadougou :

A Ouga, demander le rond-point "Patte d'oie" : Puis suivre le plan :

FRANCIS ET LE MOORE (3)

Autre expression Mooré rapidement assimilée par Francis :"Ligdî kà bé yè" ("il n'y a pas d'argent"), phrase miracle pour décourager les multiples vendeurs ambulants et autres mendiants qui, au centre ville, se ruent sur tout ce qui ressemble à un Européen pour le solliciter, ayant une tendance certaine à confondre "nàsaara" ("blanc") et "BCEAO" (Banque Centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest"). Bien prononcé, c'est redoutablement efficace : d'une part, le fait qu'un blanc parle leur langue vernaculaire les laisse suffisament stupéfaits pour qu'on aie le temps de s'éloigner avant qu'il ne reprennent leurs esprits, d'autre part, l'annonce de l'absence de numéraire décourage leur vélléités taxatoires. Le hic, c'est que Francis, en bon Français, comme la plupart de ses compatriotes, éprouve quelques soucis avec la prononciation des langues étrangères (euphémisme : en fait, il torture la prononciation et ignore superbement les accents toniques ce qui en Mooré, langue tonale où la longueur d'une voyelle et l'inflexion de la voix changent le sens d'un mot, pose de légers problèmes -re-euphémisme-) (1). Importuné par un petit vendeur de ceintures alors que nous déambulons sur l'avenue Docteur Kwamé N'Krumah, après lui avoir dit que, non, merci, il n'a pas besoin de ceinture, son pantalon tenant parfaitement bien à sa taille avec sa ceinture actuelle et devant l'insistance du vendeur, Francis s'essaye donc à la formule magique, "Ligdî kà bé yè" . Le hic, c'est que dans sa bouche cela donne quelque chose comme :"Liquide hic abeille!", ce qui ne suscite pas toujours une compréhension immédiate des mooréophones. Si Francis est un homme plein de qualités, la patience n'est cependant pas la principale (ça, ce n'est pas un euphémisme, c'est une litote). Légèrement agacé (ça, c'est de nouveau un euphémisme), Francis finit par se planter face à l'importun et, fermement campé sur ses jambes, les poings sur les hanches lui lance alors avec un accent qui, bien que situant ses orgines bien au sud de la Belgique, n'a plus rien d'Africain :"Hé putaing, cong, jeu doit teu leu direur dang quelleu langueu : y a pas d'oseille!". Après quoi remâchant sa rancoeur de n'avoir pas été compris, il épanche sa bile dans l'oreille compatissante de Dominique pendant un bon quart d'heure sur le mode :"Ils sont cons ou quoi? Le prochain qui m'aborde je te le prends à la gorge et je lui démonte la gueule à coups de manche de pioche! Voient pas qu'on est pas des estivants ou quoi?". De la difficulté de la communication interculturelle... ____________________ (1) Note aux lecteurs belges : souvenez-vous comme on s'est marré au moment du réferendum sur l'Union Monétaire, quand les présentateurs de la télévision Française s'efforçaient en vain de prononcer "traité de Maastricht". :)

18 février 2006

FRANCIS SE MARRE

L'autre jour, pendant que Dominique était occupé à relever le courrier et mettre à jour le blog, Francis, resté dehors pour cause de chaleur insupportable dans le cyber café, se plonge dans la lecture d'un journal local de petites annonces, genre Vlan, et se met tout d'un coup à se gondoler tout seul assis sur son banc, suscitant moult regards interrogatifs des passants. Ses cyber pensums terminés, Dominique m'enquiert de la cause de son hilarité. Francis lui explique qu'elle a été suscitée par la lecture d'une blague lue dans le journal, bien qu'elle n'ait rien de spécifiquement burkinabè et strictement aucun rapport avec nos aventures, on ne résiste pas au plaisir de vous la livrer, comme ça au moins vous saurez ce qui nous fait rire (et juger, par là même, de notre état de fatigue mentale). Voici l’histoire. Un homme égaré dans la forêt à la nuit tombante arrive à une petite maison dans une clairière. Il frappe à la porte afin d’y demander l’hospitalité pour la nuit. Un très vieux et très laid chinois lui ouvre et accepte de le nourrir et de le loger à la condition qu’il respecte sa fille unique, sous peine de subir les trois pire supplices chinois. Notre homme accepte d’autant plus volontiers que l’âge et le physique du vieux laissent présager en guise de fille d’un laideron d’un âge la rendant de toute façon impropre à la consommation. Lors du (délicieux) souper, surprise : la fille a à peine vingt ans, elle radieusement belle et de plus lui fait de l’œil et du pied. Tant bien que mal, le visiteur se contient, pensant aux terribles supplices chinois. Dans la nuit, cependant, il n’y tient plus, va rejoindre la fille dans sa chambre et y passe une nuit de folles galipettes avant de rejoindre sa propre chambre, au premier étage de la maison, à la fine pointe de l’aube. Au réveil, se sentant légèrement oppressé, il ouvre un œil et aperçoit une très grosse pierre posée sur sa poitrine. Sur la pierre un petit mot : « Premier supplice chinois : énorme pierre posée sur poitrine ». Il rigole doucement, se disant que les supplices chinois ont décidément une réputation surfaite. Il prend la lourde pierre à deux mains, se lève et va la jeter par la fenêtre de sa chambre. Au moments précis où il la fait basculer dans le vide, il aperçoit un autre petit mot collé sur le rebord de l’appui de fenêtre disant : « Deuxième supplice chinois : énorme pierre attachée par corde à piano à testicule gauche hôte indélicat ». En une fraction de seconde, sentant déjà la corde se tendre, il se décide à sauter derrière la pierre, préférant la probabilité d’une fracture à la certitude de l’émasculation. Pendant sa chute, il a le temps de lire un dernier petit mot, scotché sur la façade et libellé ainsi : « Troisième supplice chinois : testicule droit de l’hôte indélicat attaché par corde à piano à pied du lit ».

CONTAINER STORY

(bande annonce) "Life, a tale told by an idiot, full of sound and fury, meaning nothing" (W.Shakespeare) (sous-titre français pour les sous-doués linguistiques :"La vie, une histoire racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, ne signifiant rien"). L'histoire du voyage de notre container de Bocholt à Ouagadougou via Anvers et Tema ressemble un peu à ça : un scénario chaotique et dépourvu de sens apparent, écrit par un scénariste idiot et/ou sadique. Bientôt sur votre blog : "CONTAINER STORY", une saga pleine de suspense, de rebondissements, d'argent... Bref, tous les ingrédients d'un grand film (sauf le sexe). Simplement, avant d'avoir vraiment envie de nous la raconter pour vous faire rire, on attend d'être sûrs du happy end.

SAINT VALENTIN (2)

Le quinze février, lendemain de Saint Valentin, Francis et Dominique soupent en tête à tête aux chandelles. Mais non, mauvais esprits, Cissou n'a pas viré de bord! Simplement, Sana n'est pas libre et les chandelles, ce n'est pas pour le romantisme, c'est parce qu'on a plus d'électricité parce qu'on a épuisé notre stock d'unités pré-payées (il faudra deux jours pour que le courant soit rétabli, après un rallye vaudevillesque dans tout Ouaga et des heures perdues en files aussi gigantesques qu'inutiles aux mauvais guichets).

SAINT VALENTIN

Le soir du 14 février, jour de la Saint Valentin, Francis invite sa fiancée à partager notre (modeste) repas du soir : poêlée de pommes de terres et légumes sautés aux piments. Partage fraternel des tâches : Cissou coupe les patates et prépare la braise de notre petit réchaud à charbon de bois, Dominique détaille les légumes, prépare la salade et pile le piment. Après allumage laborieux du feu, le charbon de bois étant humide, on pose la poêle de patates et les légumes sur le brasero et Cissou déclare, au vu du fort faiblard rougeoiement du feu, qu' "on en a pour un moment" et que, "tiens, on a même le temps d'aller boire un verre". Proposition adoptée à l'unanimité, d'autant qu'on a rien bu de la journée, à part des sachets d'eau tiédasse, qu'on a abattu une appréciable quantité de boulot et parcouru un nombre respectable de kilomètres sous le cagnard. Laissant la poêle mijoter (enfin, posée sur le brasero, en espérant qu'elle se mette à mijoter), on se dirige vers "La petite France", un maquis sis dans les environs et tenu, comme son nom l'indique, par un compatriote de Francis. Incartade à notre régime sobre à l'initiative de Francis :"Et nom de Dieu, ce coup-ci on a bien mérité une Flag!". Nous nous partageons donc une Flag bien fraîche. Comme on a encore un peu soif, une deuxième suit pendant que nous devisons gentiment avec Patrick, le compatriote de Francis. Au moment de payer l'addition et de revenir à notre tambouille, le patron insiste pour nous offrir le coup de l'étrier, après hésitation, on se fait une douce violence et on cède à son insistance. Le portable sonne : c'est Sana, la fiancée de Francis qui nous avertit qu'elle est à la villa, devant une porte close. On rentre au pas de gymnastique, on ouvre la porte, Sana éclate de rire et Francis et Dominique rient jaune : la braise est magnifique, mais ce qui fait penser à du charbon de bois, maintenant, c'est le contenu de la poêle. Nettoyage express de la gamelle et repas alternatif improvisé en quatrième vitesse : omelette avec ce qui reste de légumes et de piments. Bref : Sana doit vraiment être amoureuse, parce ce genre de repas de Saint Valentin (joint à l'absence de tout cadeau, pour cause de dèche), ça en pousserait plus d'une à rompre sur le champ!

HARMATTAN (2)

(dommages collatéraux) Après, le violent Harmattan de la nuit de jeudi à vendredi, journée grise et fraîche, avec une petite brise (genre Harmattan, modèle fillette). Les autochtones se plaignent du froid, Francis et Dominique respirent après deux jours et deux nuits caniculaires. Pouvoir se taper leurs 10 à 15 km à pieds quotidiens sans avoir le t-shirt trempé après 10 minutes de marche n'est pas fait pour leur déplaire. Cette nuit (celle du vendredi 17 au samedi 18) : re-Harmattan. Conséquences prévisibles :
  • désespoir probable de Mariam (la femme de ménage), à qui on se promet de parler du tonneau des Danaïdes, lundi, quand elle viendra balayer;
  • soupir résigné d'Adama (le piscinier), qui commence à comprendre le mythe de Sisyphe, dès demain matin;
  • insomnie (pour cause de boucan) à l'heure ou ces lignes sont écrites (04h12' UMT) de Cissou et Domi;
  • nouvelle livraison d'anecdotes sur le blog (quand Dominique n'arrive pas à dormir il tape sur son clavier, maintenant qu'il y a de la lumière dans la pièce où se trouve le PC).
Pour ceux qui douteraient de la puissance de l'Harmattan, on joint une photo éloquente...

17 février 2006

FRANCIS ET LE MOORE (2)

Outre les expressions concernant les sous, devinez quelle est la première expression Mooré qu'a maîtrisé Francis en bon méridional qu'il est. Mmmmmh? Je vous écoute? Vous donnez votre langue au chat? Il s'agit de "bilfù, bilfù" , qui signifie en gros :"mollo, mollo", "plus tard, plus tard", "douuuuuuuuuucement", "pas si viiite"... Ben tiens, il se retrouve en pays de connaissance ("aujourd'hui peut être, ou alors demain" comme dit la chanson).

FRANCIS ET LE MOORE

Si Dominique, en bon Belge et en digne fils de deux profs de langue parle courrament le néerlandais et l'anglais, Cissou, lui, en bon Français, s'enorgueillit de ne rien parler ni comprendre d'autre que sa langue maternelle et manifeste un manque de prédisposition à l'apprentissage des langues étrangères qu'il pousserait n'importe quel linguiste au suicide. Néanmoins... Alors que Dominique se casse le c....... depuis avril à assimiler les rudiment du Mooré alors que Francis a une fois pour toutes décrété qu'il n'en avait rien à f....., celui qui en a la connaissance opérationnelle la plus utile n'est pas celui qu'on croit, jugez plutôt à ce qui suit. Pendant une négociation (en français) avec le propriétaire de notre futur local commercial, celui-ci échange quelques phrases en Mooré avec un de ses accolytes, Francis glisse à l'oreille de Domi : "le vieux essaye de nous planter une carotte de 500.000 CFA dans le cul pour l'électricité". Ce qui s'avèrera parfaitement exact par la suite, au grand ébahissement de Dominique qui, malgré une étude assidue, n'arrive pas encore à compter correctement jusqu'à cent. MORALITE : s'il s'agit d'argent (surtout du sien) Francis est capable de comprendre même le chinois.

L'HARMATTAN

L'Harmattan, pour ceux qui l'ignoreraient, c'est le vent froid (froid....tout est relatif, en Belgique on trouverait que c'est une agréable brise d'été!) et sec qui souffle du Nord pendant la saison froide et sèche en Afrique de l'ouest (même remarque en ce qui concerne "froide" , "sèche" par contre ce n'est pas usurpé). L'Harmattan, soulève la poussière (ce qui nous vaut d'expectorer des glaires tellement chargés de latérite rouge qu'on pourrait jouer la dame aux camélias) et coïncide avec la saison de la méningite, maladie endémique dans la région de janvier à juin (pas de panique : on est vaccinés). L'Harmattan, s'il fait sortir les "petites laines" aux locaux (bande de grands frileux va...) nous soulage un peu,nous, occidentaux, en nous permettant de respirer après les premières journées caniculaires qui annoncent la saison chaude (mars/avril). L'Harmattan est l'ennemi de notre piscinier : lorsqu'il souffle, une heure après son départ, le fond de la piscine est recouvert d'une, esthétique mais involontaire couche de poussière de latérite rouge/brun et la surface de la même piscine d'une collection de feuilles d'arbres auxquelles viennent de temps à autre se joindre quelques vieux sacs plastiques. L'Harmattan n'est pas non plus le copain de la femme de ménage qui apprécie assez peu de recommencer le balayage de la terrasse à un bout alors qu'elle vient d'arriver à l'autre. L'Harmattan, c'est aussi une maison d'édition spécialisée dans les bouquins sur l'Afrique, mais ça, vous vous en fichez probablement comme de votre première chemise... L'Harmattan est un mot que notre ex-associé Fred, légèrement dyslexique, n'a jamais été fichu de prononcer correctement (persistant à dire : "le larmatan", comme il a toujours dit : "laréoport" pour "l'aéroport" et "soucis" à la place de "Cissou" en guise de diminutif de "Francis"...). L'Harmattan vous vaut aujourd'hui une nouvelle collection d'anecdotes : vers 21 heures le soir du 16 février(hier), il s'est levé en force : craquements des branches, grincement des volets, chutes de mangues, claquements de portes : on en arriverait (presque) à regretter les ronflements de Frédéric... Résultat : incapable de trouver le sommeil, Dominique s'est attelé, vers minuit, à taper ses notes pour l'édification des parents et amis du (désormais) duo du futur "Lavandou Bar Burkina".

16 février 2006

REPASSAGE

Ni Francis, ni Dominique ne sont des as du repassage (doux euphémisme). Jusqu'à leur départ en Europe le premier confiait le soin de repasser ses chemises à Marianne, une cliente et amie, l'autre se reposait sur les doigts de fée de sa petite maman. Evidemment, à Ouagadougou à 6000 km de Bruxelles, ce sont des expédients un peu plus difficiles à mettre en oeuvre. On a fini par trouver une solution... Avec un fer à charbon de bois les chemises sont nickel : avis à toutes les Marianne et mamans du monde !