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09 mai 2009

PETITS RECITS DE VOYAGE (saison II, épisode 3): DE LOME A COTONOU

Résumé des épisodes précédents : nos deux voyageurs dont l'un souffre d'une triple hernie discale, en route pour Lomé,après avoir coincés par un accident de camion en plein milieu des montagnes de Kara (faille d'Aledjo, pour être précis) à la tombée de la nuit et sous un violent orage tropical, ont fini par trouver un taxi-brousse.
Au moment, ou commence ce récit, ils sont arrivés à Lomé et attendent l'aube pour contacter le parent de Francis.
Le soleil se lève sur Lomé, on fait se lever le parent de Francis, qui rejoint les deux voyageurs exténués.

Après un bref débat, il est décidé que :"nuit foutue, pour nuit foutue, c'est pas la peine de se coucher et au boulot!".

Deux jours de rendez-vous multiples et de travail intensif plus tard : départ à l'aube pour Cotonou, un copain de copain du parent de Francis ayant accepté de nous y conduire dans un véhicule de location, seule la le prix de la location du véhicule (30000 CFA) et le carburant étant à notre charge.

Enfin, lever à l'aube…

Le copain arrive à 13 heures, avec quatre heures de retard, le véhicule une heure plus tard.
On va mettre plus de six heures pour faire les 150km, d'une route pourtant correcte.

D'abord à 13 heures le trafic est intense(d'où la volonté originale de partir à l'aube) et l'attente à la frontière est en conséquence.

Ensuite le copain en profite pour faire ses courses, d'où arrêts multiples pour négocier ici un panier de crustacés ou là un sac d'ignames,sans compter la visite à la branche béninoise de sa famille à mi-chemin.

Ensuite la rutilante Mercedes de location doit deux fois être réparée en cours de route.

Francis fume de rage.

Arrivée à Cotonou à la tombée de la nuit, rencontre avec les deux motocyclistes béninois recrutés depuis Ouagadougou qui nous attendent patiemment depuis 9h du matin, briefing, repas et dodo à l'hôtel réservé par eux.

Sympa les Béninois : on a vue sur la plage, le restaurant de l'hôtel est excellent mais l'addition salée : la chambre double avec salle de bain à 30 000CFA (45 EUR) c'est franchement excessif et on ne parle pas de l'addition du restau...

On convient donc que le lendemain matin pendant que Francis et son chauffeur entameront les démarches prévues à Cotonou, Dominique et le sien se mettront à la recherche d'un logement décent mais plus abordable.
(à suivre)

08 mai 2009

DEMAIN SUR VOTRE ECRAN...

A la demande générale, nous continuons notre série : PETITS RECITS DE VOYAGE (saison II).

Demain sur votre écran, ne manquez pas l'épisode 3!

16 mars 2009

PETITS RECITS DE VOYAGE(saison II, épisode 2): LA DINA ET TOUJOURS LES VERTEBRES DE FRANCIS

Résumé des épisodes précédents : nos deux voyageurs dont l'un souffre d'une triple hernie discale, en route pour Lomé, sont coincés par un accident de camion en plein milieu des montagnes de Kara à la tombée de la nuit et sous un violent orage tropical. Comme les chances de voir arriver une grue de 50 tonnes dans un avenir prévisible apparaissent aussi minces que celles de voir de la neige à Ouagadougou, les deux compères décident d'abandonner leur car et de partir à pieds vers l'aval se chercher un autre moyen de transport.

Dieu merci, en vétérans des routes d'Afrique, ils voyagent léger : un petit sac de voyage pour deux contient vêtements, nécessaire de toilette, scanner, ordinateur et imprimante (Francis a un art consommé pour faire tenir quatre éléphants dans une deux-chevaux, il a dû, travailler dans une conserverie de sardines dans une vie antérieure).

En route pour une bonne marche de nuit sous l'orage.

Pas si vétérans que ça, après tout, les deux crétins ont oublié leur indispensable lampe torche à LED sur leurs tables de nuit respectives à Ouagadougou…

Une heure et cinq kilomètres plus loin, on finit par trouver des moto-taxis qui, flairant l'aubaine, s'offrent à déposer qui veut à la "ville" la plus proche.

Les deux refusent, mais payent le motocycliste pour aller chercher une "dina" et lui dire de nous attendre en deçà du bouchon.

Pour ceux qui l'ignoreraient, une "dina" c'est un taxi-brousse, une camionnette de transport de voyageurs (de chèvres, de vélos et de moutons aussi, parfois).

Encore une heure, et la dina est là.

On rameute suffisamment de voyageurs pressés d'arriver à Lomé pour partager les frais du voyage, on négocie les prix férocement quoiqu'en position de faiblesse, on charge les bagages sur le toit ce qui triple la hauteur du véhicule et rehausse son centre de gravité de deux mètres (tout le monde ne voyage pas léger) et on embarque.

Le modèle de minibus Toyota dans lequel va se poursuivre le voyage est prévu pour 7 passagers plus le conducteur ainsi qu'en témoigne la plaque apposée par le constructeur à côté de la portière avant droite.

Bravo Toyota (et bravo la débrouille africaine) : l'auteur témoigne qu'il est parfaitement possible d'y caser vingt et un passagers, le conducteur et deux convoyeurs.

Pour arriver à ce résultat, certaines contorsions sont néanmoins nécessaires et la position adoptée par le dos de Francis ne serait sûrement pas du goût de son chirurgien orthopédiste (doux euphémisme).

Dominique réitère ses prières pour ne jamais avoir à rencontrer ce monsieur.

Départ de la dina et descente de la montagne à tombeau ouvert, par nuit noire, sous l'orage, avec un conducteur à côté duquel Fangio, Ayrton Senna et Michaël Schumacher font figure de pépères lambins conduisant des tacots poussifs.

Les lèvres de Dominique remuent en silence : il prie cette fois pour survivre au voyage, dû-t-il même finir par rencontrer le chirurgien de Francis.

Arrivée à Lomé à4h du matin, après 24 heures de voyage : les héros sont fatigués.

On se dit que ce n'est pas une heure chrétienne pour réveiller le parent de Francis et on se met enquête d'un endroit où poser ses fesses à défaut de pouvoir poser sa tête sur un traversin moelleux.

Coup de chance après seulement 2 kilomètres on trouve un kiosque malien qui sert déjà du café au lait (recette : 1dl de lait concentré sucré, 0,5 dl de Nescafé, 5 sucres).

Ca ne vaut pas un grand crème/croissant, mais on fera aller.

On s'entortille les pieds dans la sangle du sac pour ne pas se le faire voler au cas ou on s'endormirait et l'attente de l'aube commence…

(à suivre)

10 mars 2009

PETITS RECITS DE VOYAGE(saison II, épisode 1): AIGUILLES DE KARA ET VERTEBRES DE FRANCIS

On vous avait annoncé la suite du récit de nos aventures lors de nos pérégrinations africaines.

Chose promise, chose due (roulement de tambour) : voici la saison II!

Pour paraphraser l'introduction de "24H chrono" : "Les événements qui suivent se déroulent entre le premier septembre et le 15 octobre 2009".

Contrairement à la série "24H chrono",nous n'ajouterons pas : "les événements se déroulent en temps réel".

D'abord, l'auteur de ces ligne n'est pas Jack Bauer et,malgré l'amour porté au fidèle public de son blog, a un tas d'autres choses à faire que d'alimenter ce dernier, comme par exemple, entre autres choses,travailler pour gagner son pain quotidien, ce qui est peu compatible avec la dactylographie en temps réel du récit de Théramène qui suit.

Ensuite, il faut bien ménager le suspense, non?

Et enfin, "temps" et "réel" ne ont pas des notions compatibles ici (en fait, "temps réel" au Burkina, c'est un oxymore).

Ces choses étant dites…

(Re roulement de tambour)…

Au moment ou commence ce récit, Francis, qui avait dû effectuer, deux mois auparavant, un retour d'urgence en Europe, en chaise roulante et en avion (les trois ne sont pas incompatibles), suite à de graves problèmes vertébraux, attend, à Ouagadougou, une opération du dos, à Toulon. (Je sais, c'est un peu confus).

Patient modèle, il a promis à son chirurgien de ne pas se baisser, de ne pas faire de mouvements brusques, d'éviter les trajets en voiture et les routes cahoteuses, de s'abstenir de faire de la moto et, pour faire bref,d'éviter de toutes les manières de malmener son dos.

Dominique, chargé d'une mission urgente, impliquant des séjours dans divers pays de la sous-région par un commanditaire européen, étant venu demander à Francis de le faire profiter de son carnet d'adresse bien fourni, notamment au Togo où il a de la famille, celui-ci accepte volontiers de l'aider.

Puis, comme le rôle de patient modèle est, pour Francis, un rôle de composition, pour ne pas dire un contre-emploi, il décide d'accompagner Dominique dans sa grande tournée et d'envoyer au diable son chirurgien(l'expression qu'il utilise est différente, impubliable,mais le sens est approximativement le même).

Départ donc des deux héros de ce récit pour la première étape de leur périple ouest africain, Lomé, capitale du Togo.

Environ 1000 km de route dont moins de la moitié sur des voies en bon état, dans un car africain plus de toute première jeunesse, pendant la fin de la saison des pluies, ce qui allonge le trajet, de nombreux ponts ayant été emportés au Togo.

Dominique commence une longue série de prières pour ne jamais faire la connaissance du chirurgien de Francis et surtout pas si il a un bistouri ou tout autre instrument tranchant sous la main.

Ceux qui ont voyagé en car sur des pistes africaines comprendront aisément pourquoi.

Départ de la concession à 3h30 du matin, check-in à la gare routière à 4h, le car s'ébranle à 5h pile, à l'heure (étonnant, non? Eût dit le regretté Pierre Desproges…).

A 17h30 dans les montagnes Togolaises, peu avant les aiguilles de Kara, Francis remarque : "Ca se passe bien, non? On est dans les temps".

Ah, le c..!

Défier le destin aussi impudemment!

En Afrique!

Sur la route!

Ah, le triple c..!

A 18h arrêt imprévu en pleine montagne.

Rapidement un bouchon de plusieurs kilomètres se forme derrière nous (on saura bientôt qu'un bouchon tout aussi long est en train de se former dans l'autre sens, devant nous).

Aucun de nos deux voyageurs n'étant réputé pour ses trésors de patience,ils décident d'aller voir ce qui se passe en aval.

Ce qui se passe, c'est que deux "titans", comme on appelle ici les semi-remorques de 50 tonnes, se sont renversés en se croisant au point le plus étroit et le plus inaccessible de la route, dans les aiguilles de Kara, falaise à droite, à-pic à gauche.

Comme la route est le passage obligé entre le port de Lomé et tous les pays Sahéliens et qu'elle enregistre un trafic à côté duquel le périphérique de Paris aux heures de pointe ou l'autoroute du Soleil le jour du début des grandes vacances c'est franchement de la gnognotte, on imagine la catastrophe.

Pour ne rien arranger, la nuit tombe (vite, comme partout sous les tropiques) et un superbe orage tropical de fin de mousson nous tombe dessus.

Pour ceux qui n'ont jamais connu un orage tropical de fin de mousson : mettez vous tout habillés dans votre baignoire, ouvrez la douche à fond pendant une heure, vous aurez une petite idée…

(à suivre…)

21 février 2009

BANDE ANNONCE

Très prochainement de retour sur votre écran "Petits récits de voyage' (saison2).

Bruxelles-Paris-Ouagadougou-Lomé-Cotonou-Lomé-Ouagadougou-Lomé-Cotonou-Lomé-Paris-Bruxelles-Toulon-Charleroi-Bruxelles-Paris-Lomé-Ouaga dans cet ordre et en moins de trois mois.

En avion en bus, en taxi brousse et en moto.

Pendant la saison des pluies.

Une triple hernie discale, deux palus, une appendicite aigüe et une bronchite.

Bref, nettement plus palpitant que le Paris Dakar (chochottes, va!)